mercredi 17 novembre 2010

2 - Pisco

On débarque à la station Soyuz à 8h50 et un bus part fort à propos à 8h58!
Timing synchro!
240 km en 4h sur la Panamerican Suz, l´autoroute côtière.
Paysage désolé, on se croirait sur Mars. Des dunes de 50m de haut sur des dizaines de km, et derrière des petites collines, sans la moindre verdure, jusqu´à l´horizon . Des petits villages faits de baraquements sont posés ça et là sur la poussière, cernés de carrières d´extraction de sable.
Le bus file, le contrôleur se fait un devoir de vérifier les tickets tous les 50km...
Il branche la TV sur un DVD et a la délicatesse de mettre le sous-titrage en français.
Premier film "the Crazies", un truc d´horreur (j´adore): une manip en labo a diffusé un virus dans une paisible bourgade; avant que l´armée n´arrive et zigouille tout le monde, les habitants s´entretuent joyeusement en s´enfourchant, se découpant à la scie électrique et autres raffinements au couteau; ca se termine par une explosion atomique qui clôt définitivement le problème. Heureusement le héros et sa dulcinée enceinte s´en sortent.... jusqu´à l´épisode 2?
Deuxième film "Defiance": un groupe de Juifs se réfugie en forêt Biélorusse en 1941 et s´organise en francs-tireurs pour subsister. Le héros (Daniel Craig, moins glamour qu´en James Bond) est partagé entre la vengeance et le devoir d´humanité. On sera interrompus alors qu´ils traversent des marais, le jour de Pessah, tels des Moises modernes. Parait que c´est tiré d´une histoire vraie... mais avec Hollywood, tout est toujours vrai!
On ne saura pas le dénouement vu que le contrôleur fait retentir un tonitruant "Pisco, Pisco ciudad".
Chargés des sacs à dos, on a à peine le temps de dégainer un mégot qu´un péruvien local s´amène pour nous proposer taxi, hébergement, excursions....
Il baragouine 2 mots de français mais suffisamment pour se faire comprendre en sabir hispano-françaoui.
Il ressort de ses explications qu´on dispose de la version 2007 du Lonely Planet, que depuis les prix ont grimpé de 30% (il a la version 2010 pour appuyer sa démonstration).
Première réaction: la FNAC nous a entubé avec une édition de mathusalem
Deuxième réaction: le budget va en prendre un coup....
Il nous fait acheminer dans une Guest abordable (60 soles=15 euro) et promet de passer dans la journée pour organiser l´expédition de demain aux iles à Guano.
Petit tour dans la ville: à part rien à voir, on n´a que l´embarras du choix. Des nuées de tuk-tuk vont et viennent dans un nuage de poussière sur les ruelles en terre battue.


 Une seule rue est pavée et bordée d´échoppes et restaus. Particularité de ces restaus: aucun prix n´est affiché. On comprend mieux en s´asseyant: le tenancier avance une carte avec des prix dignes des Champs Elysées... Thénardier! On se carapate vers des cantines plus dans nos prix, et effectivement on se trouve une polleria à 6 soles (2,5 euro) le menu, boisson comprise.
Comme tous les restaus, la télé hurle à fond, ça limite les dialogues.
Je grignotte une salade et Sylvie se leste en plus d´un goulbi goulba de viande hachée et pates en sauce.

 En retournant à la pension, on croise une manif: ballons multicolores, pancartes artisanales et leader  scandant des slogans, le tout accompagné de boum-boum sur un tambour aussi gros que la matrone tapant à toute volée sur la grosse caisse.
On n´a pas tout compris le but de la manif, mais il semblerait que ce soit pour soutenir un candidat aux élections locales.





Petite lessive, puis on repart visiter ce fond de nulle part qu´est Pisco.
La seule direction qui s´impose est de rejoindre le front de mer.
Trois km à slalomer parmi les immeubles dont on ne sait s´íls sont en construction ou en voie de démolition. Parfois un hôtel rutilant est posé au milieu de ces carcasses en briques.
A se demander qui les fréquente, vu qu´on ne croise aucun touriste (ou alors ils sont claquemurés derrière les hauts murs d´enceinte).




Le Pacifique.
Première fois que je le vois.
Des gerbes d´écumes éclatent sur la baie. Des vagues de 3 à 4m jaillissent entre houle et ressac. Je reste quasi 2h à contempler cette force brutale. La seule que j´ai vu de semblable est en Bretagne. Les pensées s´envolent par delà les océans et vont et viennent entre ces contrées sauvages.
Le soleil se couche, la fraicheur contraint à rentrer, la tête pleine de poésie.







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