mercredi 17 novembre 2010

14 - Machu Picchu

Ce matin, réveil à 4h, on se précipite à l´endroit où se prennent les bus gravissant la montagne menant à la citadelle. Déjà 70 personnes se pressent, ça va, on sera parmi les personnes autorisées à gravir le Waynapicchu et voir ainsi le soleil se lever sur la cité antique.
Le bus ne part qu´à 5h25, il y a une 1h30 à attendre sur le trottoir.
Ca y est, le bus ouvre ses portes, on s´y engouffre, il démarre, on par à l´assaut de la montagne, à travers les nuages encore accrochés aux sommets.
Arrivés devant le site, on refait la queue pour la vérification des tickets.
Déjà on flippe, car on croit comprendre qu’il faut en outre montrer le passeport.... et on l´a bien entendu laissé dans la pension.
Ouf, il apparait que ceux qui on leur passeport on la possibilité de se le faire tamponner pour authentifier leur visite chez les Incas.
Le gus validant les tickets arrive à notre niveau. Je lui tends mes billets. Il me regarde, me redemande les tickets; je lui agite sous le nez mes billets: et alors là, il `m´assène le coupe de grâce.... J´ai acheté les billets de transport pour le Machu Picchu, PAS LE BILLET D´ENTREE !
Oh putain de bordel de dieu de merde, je suis le roi des Bidochons !
Faut quand même être con pour croire que dans ce pays (expérience acquise lors des visites de Nazca et du Colca) tu peux visiter le Machu Picchu pour 40 soles, bus compris ! (en réalité ca fera 280 soles par personne)
Et ben je suis ce con la !
Sur place, j´en ai vomi tellement j´étais déçu et furieux.
Bon on redescend.... j´ai la mine plutôt sombre.
Allez, on se ressaisit.
On va profiter de l´heure matinale pour aller acheter LE BON TICKET D´ENTREE, le ticket de bus afférent, et SURTOUT emmener Sylvie dans un dispensaire. En effet, lors de notre périple pédestre le long de la voie ferrée hier, j´avais indiqué que les insectes luis suçaient les mollets.... Le soir, les sucettes s´étaient transformées en énormes volcans rougeâtres, aux démangeaisons paroxystiques. Et au matin, les jambes ont doublé de volume, les vaisseaux bleuâtres sont prêts a exploser, les volcans sont pleins de pus, les jambes chauffent, ça va pas le faire.... (Sylvie a compté plus de 60 piqures sur un seul mollet, et il y a aussi les bras, le dos...). Assez curieusement je n´ai que 7 ou 8 piqures, discrètes, vite calmées par une pommade ad-hoc, mais sans effet sur Sylvie).
Au dispensaire l´infirmière lui prescrit de la cortisone et une anti-histaminique en IV, des antibiotiques et des anti-histaminiques pour la semaine.
Conséquence immédiate de l´IV: une envie de dormir irrépressible.
Moi je suis tellement dégouté de ma connerie pour les billets, que j´ai qu´une envie, m´oublier dans le sommeil.
On se fout au pieu, et on en écrase jusqu´à plus soif.
Machu Picchu, ce n´est que partie remise..... on revient demain matin ! à 4h! pour être les premiers, et que je te gravisse le Waynapicchu pour voir le soleil illuminer ton piton!

moralité: Pachamama, dans sa grande sagesse, a provoqué cet imbroglio des tickets juste pour que Sylvie puisse se faire soigner et qu´enfin demain nous puissions faire la visite dans de bonnes conditions.
Cette fois on est parés: les tickets en bonne et due forme, les passeports pour les tampons, 2l d´eau chacun: à 4h30 on est dans la queue des prétendants à l´escalade du Waynapicchu.




Ce matin, Pachamama nous arrose d´une pluie fine, mais persistante, et cache son trésor dans une purée de poix de nuages. Arrivés sur le site, on part en aveugles parmi les ruines fantomatiques. Les vestiges sortent de la brume quand on s´en approche et replongent dans les limbes aussitôt qu´on s´en éloigne.
La cité oubliée est nimbée de mystères peu enclins à se dévoiler.
La pluie cesse. Mais les nuages restent.
Fallait s´y attendre, on file droit dans la direction opposée au Waynapicchu. Nos allures étant différentes, on s´égare chacun de notre côté parmi les ruines fantomatiques.
Deux personnalités, deux stratégies: Sylvie interroge chaque rencontre sur la direction à prendre, moi je retourne à l´accueil demander un plan.
Les deux démarches sont couronnées de succès, on se retrouve au pied de la montagne à escalader.


Le Waynapicchu est un piton vertical dominant tout le site du Machu Picchu. Pour l´escalader, une enfilade d´escaliers en pierre, raides comme des échelles.
500m à grimper dans ce contexte, ca te titille les poumons et les jambes.
Comme d´hab, shooté par l´altitude, je grimpe 4 à 4 pour arriver au sommet.
Sylvie ménage sa monture et y arrive plus tard, et sans souffrance.





Le soleil pointe quelques rayons et réchauffe l´air, les nuages montent de la vallée en tourbillons.
Assis au plus haut du Waynapicchu, je vois les brumes s´étioler et laisser entrevoir Machu Picchu dans un rai doré. Ballet des nuages dévoilant et recouvrant les montagnes; j´écoute Dylan et les Stones, c´est féérique.
Lorsque Sylvie me rejoint, les nuées finissent de se dissiper: le Machu Picchu est à nos pieds. On reste 2h à contempler le spectacle, puis on redescend.



Monter était dur, descendre est encore plus difficile. Les escaliers de pierre sont inclinés, glissants, étroits, à pic avec le vide sur le coté.
Arrivés en bas on est aussi essoufflés et en sueur qu´à la montée.
Maintenant que le site est hors des brumes, on admire le travail colossal ayant permis de construire des terrasses suspendues, des fontaines amenant l´eau dans un enchevêtrement de canaux, des temples et habitations accrochés aux rochers.
Les ruelles pavées et les escaliers de pierre dévalent le long du site. On grimpe, on redescend, on grimpe plus haut encore, on n´arrête pas de tournoyer parmi les vestiges.
Des murs montent du fond de la vallée pour soutenir les constructions, des chemins empierrés caracolent à flanc de falaise.
Placides, des lamas broutent au milieu de ce décor.




















En fin d´après midi, on rentre épuisés mais la tête encore dans les nuées cernant le Machu Picchu.
Au retour Sylvie se tape un hamburger gros comme une marmite, et moi je m´enquille mon 1/2l de bière réglementaire.
On est vannés, mais la ballade en valait le coup. Machu Picchu est une dentelle de pierres posées sur un pic acéré, cerné de nuages.
Une vision titanesque.
C´est pas tout, mais demain on plie bagage à 5h pour aller finir le séjour sur les plages du nord.
Au moins 40h de bus sans compter les taxis intermédiaires, les correspondances à durée élastique et j´oubliais les 8km à pied inauguraux pour revenir à Santa Teresa.
On va passer 3 ou 4 jours sur les chapeaux de roue !
























Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire