mercredi 17 novembre 2010

7 - Toro Muerto

Fin de journée sur les chapeaux de roue pour sauter dans le bus trans-andin allant à Arequipa. Neuf heures de trajet, de nuit, en escaladant quelques cols à plus de 4000m.... arrivée au petit matin à Arequipa pour un petit 2600m... Les sinus vont être mis à rude épreuve!

 Le bus est tout confort et une charmante chicas amène des collations au départ et à l´arrivée. Rien que pour son sourire je me gaverais de maté!
Au moment de dormir, le péruvien d´à côté ronfle comme un lama. Ca va pas le faire. Je contourne la difficulté en posant le duvet sur le plancher, dans la travée, et je m´allonge pour un sommeil bienvenu. Manifestement les borborygmes du voisin ne dérangent pas Sylvie qui dort a poings fermés.
Arrivée à 7 h, le temps d´aviser un taxi, de poser les bagages à la pension, une petite douche et hop retour au terminal de bus pour aller visiter les pétroglyphes de Toro Muerto.
Trois heures de bus à franchir vallée après vallée. Voila comment est la topographie dans la région: faut escalader une montagne pelée de grès rose ou blanc jusqu´a 3/4000m, plonger dans la vallée verdoyante (ils y cultivent du riz!), la traverser, escalader la montagne en face, filer sur plateau désertique de sable et cailloux et hop on recommence le cirque ainsi de suite jusqu´à destination.
Les routes sont en bon état, sinueuses et escarpées; les bus sont, disons, corrects; là ou ça devient folklo c´est pour la conduite.



 Les routes sont encombrées de gros camions chargés jusqu´à la gueule, roulant à 25km/h sur des pentes à 10 ou 15%. Le bus  se fout file de gauche, fonce à toute berzingue en remontant la file de camions et klaxonne comme un malade quand une bagnole surgit brusquement en face, au détour d´un virage ou d´un col. Il se rabat alors sans coup férir en faisant chaque fois une super queue de poisson au camion à peine fini de doubler.
Tous les bus font ça, c´est assez folklo si on omet qu´en fait on risque notre peau à chaque virage.
Au village de Corire, on se renseigne pour aller sur le site; tous nous déconseillent d´y aller à pied, on se prend donc un taxi.
Bonne pioche, car il y a 8 bornes en plein désert, soleil au zénith, dans un labyrinthe de chemins sans signalisation... et en plus ça grimpe méchant car Toro Muerto est en haut de la montagne de sable
(dénivelé 700m). Kesako une montagne de sable.... ben c´est une montagne de grès, pentue comme une piste noire et recouverte de 10 bons m de sable, vestiges des temps anciens où le Pérou était sous l´océan.

Les pétroglyphes, ce sont des gravures sur des rochers éparpillés à flanc de montagne (plus de 2000 répertoriés). On part donc à pied, pataugeant dans le sable pour inspecter bloc après bloc les glyphes vieux de 1200 ans gravés par les Huaris. Scènes de chasse, d´offrandes, de rites chamaniques, dessins abstraits.... Très beau ce site surplombant la vallée luisante de riziculture alors que là il fait bien 40 deg et pas un brin d´ombre. Evidemment on a mis un point d´honneur à faire tout le site, suant et traînant la sandale dans le sable, soufflant comme des lamas sur la pente, mais on a tout vu !    









Retour pour Arequipa en trois heures de bus fonçant toujours pleine gauche mais de nuit cette fois. Ca monte le niveau du challenge!
On se distrait en matant les DVD qu´ils enfilent à la chaine; aujourd´hui une succession de Chuck Norris; du vrai bonheur cinéphilique !
    




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