mercredi 17 novembre 2010

6 - Nazca: acqueducs, Inca-Chilla et Chauchilla

Première étape: les aqueducs souterrains. Les Nazcas ont creusé en souterrain des galeries sur 30km pour amener l´eau des montagnes jusqu´à leur cité en plein désert. Des puits gigantesques en spirale (c´est unique au monde) permettent d´accéder au réseau souterrain pour l´entretenir.
Une prouesse architecturale, une inginiérie qui a résisté à 20 siècles de tremblements de terre, tout ça sans mortier. Et leurs canaux fonctionnent encore comme au premier jour. Chapeau les Nazcas.



 Deuxième étape: la cité impériale du 14e empereur Inca-chilla.
Temples, palais, pyramides, chambre des Vierges du Soleil, parcs à lamas, enfin tout un complexe politico-religieux et administratif. Vers l´an 1000 de notre ère, les Incas les foutent dehors et régneront 5 siècles avant que les conquistadores viennent anéantir 15 siècles de civilisations.





 Troisième étape: le cimetière de Chauchilla. En plein désert, une oasis balayée par les vents, et une immense nécropole où affleurent crânes, os et bouts de momies. Le vent fait virevolter quelques scalps millénaires, c´est une vision apocalyptique. Une douzaine de tombes ont été mises en valeur: On y voit les momies intactes emmaillotées au milieu des objets funéraires. Dignitaires, gens du peuple, enfants, bébés et même un fœtus. Plus les macchabées sont de haut rang, plus la tombe est profonde. On a droit à un cours complet sur les rites funéraires des 5 civilisations andines étalées sur 3000 ans.


 Au détour d´un sentier, une main sort de terre, plus loin un genou, une partie de crâne, le dos d´une momie... On se croirait aux enfers!

 Sylvie philosophe: dans un cimetière, c´est un peu normal de trouver des squelettes. Certes, mais ce qui l´est moins, c´est de voir ces ossements à moitié déterrés avec les vêtements funéraires, le tout cuisant au soleil sous un vent à être plié en deux.
On finit dans un atelier de céramique copiant les urnes et vases Nazcas. De pures merveilles. Et la technique de vernissage est curieuse: on frotte un galet sur la peau, et le sébum servira de vitrifiant lors du ponçage de la poterie par le galet ainsi huilé.
Bluffant comme technique.
Je raconte pas les mille détails, anecdotes et légendes que notre guide nous a narrés avec chaque fois le ton adapté: trémolos, suspens, théâtralité, un vrai numéro d´actrice cette guide!
Ah si, un truc... la culture des cochenilles sur les cactus: grâce à elle, on est incollable sur l´hermaphrodisme de ces bêtes, les champignons toxiques dans les radicelles des cactus, le cours de la cochenille (100 dollars le kg; un hectare en produit 200 kg par an) et la technique d´essaimage que le paysan met en œuvre pour entretenir son cheptel.

Petit détail: la cochenille sert à créer un colorant (pourpre) pour l´alimentaire et les rouge à lèvres. Où comment Bettancourt s´enrichit avec la sueur des peones péruviens....
Sylvie a craqué en plein cours de marxisme que je donnais à la guide pourtant bien réceptive à cette dialectique.






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